Apple Douce

Hakumi Nagasaki est une jeune designer, à l'affût de créativité pour fonder un jour, un nouveau meuble pour lequel elle sera reconnue. Mais si l'excentrique Hakumi excelle en la matière, elle a plus de mal lorsqu'il s'agit d'avouer ses sentiments à Liam, son ami d'enfance déjà fiancé. Lorsque celui-ci s'en va pour l'Australie, elle lui avoue à la dernière minute ce qu'elle a sur le c½ur et sans connaître sa réponse.
Un an plus tard, un concours pour participer au Salon du Design à Sydney, est organisé. La jeune femme tente alors sa chance en espérant lorsqu'elle voit le nom de Liam McConaghan parmi les informaticiens présents. C'est une grande aventure qui commence...

_____________________________


Bienvenue !

- J'accepte tous les amis -
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Par la créatrice de :
ART-LEE

Et son roman:
CALIEINTHEMIDDLE






Droit d'auteur:

L'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.
Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code.
L'existence ou la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou de service par l'auteur d'une oeuvre de l'esprit n'emporte aucune dérogation à la jouissance du droit reconnu par l'alinéa 1er.




Art. L. 122-4. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.







* le fonctionnement concernant la suite que j'utilisais en mettant dans mes ami(e)s est révolu, car je n'ai plus le temps de trier entre ceux qui lisent et ceux qui ne sont qu'amis sans suivre pour autant.
Merci de votre compréhension.
Arigato !




® Tous droits réservés ®

# Posté le samedi 14 juin 2008 04:36

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 02:21

Prologue

Prologue
- Musique -

J'ai toujours aimé Liam, je crois.
J'veux dire, à chaque fois que je le voyais mon c½ur s'emballait, ma gorge s'asséchait et tous ces symptômes stupides qui nous font passer pour la plus cruche de l'assemblée. Personnellement, je n'ai jamais vraiment été discrète. Je crois que c'est la raison pour laquelle Chloé et moi sommes amies...
- TAXI ! Hurlais-je. Rhô ! Je vais être en retard ! Oh mon dieu, il s'en va dans une heure ! Le temps d'arriver à l'aéroport, il sera déjà parti ! Baka* !
- Hakumi, calmes-toi ! S'énerve Chloé. On va arriver à temps...
- Ah oui, et comment mademoiselle compte faire, hein ?! Dis-je énervée.
- Regardes et prends en de la graine.

Elle regarde arriver au loin un véhicule et brusquement, se met au milieu de la route. La voiture freine à toute vitesse, marquant des traces noires sur son passage et s'arrête à quelques centimètres de mon amie. Je reste bouche bée, mon paquet vert et violet entre les mains, sans comprendre ce qui vient de se passer.
- Tu vois, ce n'était pas si compliqué ! S'exclame-t-elle en montant à l'arrière de la voiture. Allez, viens !

Je la suis, puis nous roulons jusqu'à l'aéroport.
Pourquoi faut-il que je sois en retard, même le jour de son départ ! Sa fiancée sera certainement là...
- Oh que oui, soupire Chloé comme si elle avait lu dans mes pensées.

Mouais, peut-être qu'il y aura aussi ses deux amis de la fac, Ben et George.
- Y a des chances, poursuit-elle.

Connaissant Lara, sa petite fiancée italienne, elle sera sur son trente et un, avec les dernières fringues à la mode et elle pleurera des larmes de crocodiles. Baka !
- On arrive, me prévient mon amie en pointant du doigt, l'entrée de l'aéroport. Arrêtez-vous ici !

Le chauffeur obéit. Chloé me pousse hors du véhicule, me fait le signe de la victoire, et tape sur l'épaule du conducteur afin qu'il reprenne la route. Mon cadeau à la main, je cours à toute allure vers le hall, suivant les panneaux d'affichages qui me conduisent au pont d'embarcation...

« ...729, Destination Canberra. Je répète, les passagers sont invités à se diriger vers le pont d'embarcation 729... »

Je ne remercierais jamais assez cette petite dame. Elle ne se doutera jamais qu'elle m'aura sauvé, moi Hakumi Nagasaki, de l'amour à sens unique dont j'ai été victime durant ces dernières années. Car aujourd'hui, je me suis décidée à lui avouer mes sentiments ! (Combien de fois ai-je dit cette phrase dans ma vie ?). Je sais que cette fois-ci, c'est la bonne – ça aussi, je l'ai déjà dit. Liam s'apprête à partir pour Canberra pour une durée indéterminée et je n'aurais pas l'occasion de lui dire ce que je ressens. Je sais qu'il aime Lara, mais il faut au moins qu'il soit au courant.
J'arrive enfin à au pied de l'escalator où Lara pleure dans les bras de Ben, tandis que George me fait signe. Lorsque j'arrive près de lui, essoufflée, il me dit :
- Tu as encore une chance de le rattraper, vas-y vite !

Je reprends ma course effrénée, monte les marches de l'escalator par deux, bousculant la grande mère qui tient son caniche, écrasant la poupée Barbie d'une gamine, avant d'atteindre enfin mon objectif. Je cherche Liam lorsque je l'aperçois sur le point de passer au détecteur. Je cours vers lui, lui attrape le bras et lui dis enfin :
- Pardon pour le retard, je...

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase que le détecteur de métaux sonne. Exaspérée, je lève les yeux au ciel. L'un des policiers m'interpelle :
- Excusez-moi mademoiselle mais je vais être dans l'obligation de vous fouiller...
- Ce ne sera pas nécessaire, dis-je, je reste ici. Soyé rassurer, si je fais exploser une bombe, vous serez sûr que ce sera ici.
- Que voulez-vous insinuer ?
- Ce que j'insinue c'est que dans cette boîte de 10 cm3 je ne crois pas pouvoir faire exploser autre chose qu'une cerise ! M'énervais-je. Maintenant, veuillez m'excuser.

Je me tourne vers Liam qui, le sourire aux lèvres, se retient de rire. Ses cheveux blond vénitien mettent en valeur ses yeux gris bleu qui me fixent, du haut de son 1m85. Son nez fin s'harmonisait avec les traits fins de son visage et ses lèvres délicates. Ses légères fossettes au coin de sa bouche me font rougir. Il rit et me dit :
- J'ai cru que tu ne viendrais jamais.
- Je ne t'aurais pas laissé monter dans cet avion sans te dire au revoir...bredouillais-je en lui souriant.
- Et j'en suis heureux. Qu'as-tu concocté pour moi dans ce joli paquet ? Dit-il en remarquant l'objet entre mes mains.
- Un peu d'amitié, quelques souvenirs et une part de ton amie que tu devras amener avec toi.
- Merci Hakumi, tu es adorable, me dit-il en caressant ma joue. Tu me manqueras beaucoup...


Les larmes me viennent tandis que les autres passagers s'impatientent mais n'osent intervenir dans cet instant rempli d'émotion. Je bégaye :
- Il y a quelque chose...que je dois te dire.
- Je t'écoute.
- Hum...Je vais essayer de faire court, commençais-je en inclinant la tête pour éviter son regard. On se connaît depuis longtemps toi et moi, et j'avoue m'être particulièrement attaché à toi...
- Moi aussi, renchérit-il. Tu es ma meilleure a...
- Non, le coupais-je. Pas dans ce sens là...

Les policiers, les passagers ainsi que le chien d'à côté, sont suspendus à mes lèvres. Quoi de plus rassurant...
- Ce que je veux dire, c'est que...

« Embarquement pour Canberra dans trois minutes ».

- Hakumi, je vais devoir y aller ou je vais rater l'avion, s'enquit-il. Tu m'enverras ça par e-mail et...
- Je t'aime ! M'écriais-je.

Un long silence s'installe. Ca y est, c'est dit ! A vingt deux ans encore, j'ai du mal à croire que j'en suis encore là. J'ouvre les yeux pour voir le visage de Liam, confus. J'argumente :
- Je t'aime depuis longtemps, mon c½ur s'emballe à chaque fois que je te vois, et si Lara et moi ne sommes pas amies c'est simplement parce que je suis jalouse d'elle. Rassures-toi, je ne te demande rien en retour, je voulais juste que tu le saches.

Liam ne dit rien, encore sous le choc. Je l'embrasse sur la joue et me dirige vers la sortie.

Vous croyez aux superstitions ? A pile ou face ou ce genre de choses ? Au hasard ? Moi, oui. Je crois que ma vie n'est fait que d'hasard et ce matin là, alors que Liam embarquait pour l'Australie, je comptai jusqu'à trois. Si lorsque je me retourne, nos regards se croisent, il m'aime et je le reverrais. C'est à voix basse, que je murmure :
-1...2...3 !

Je jette un coup d'½il par-dessus mon épaule, mettant en retrait mes cheveux pour ne rien rater, puis voit Liam marcher le long du couloir de vitres transparentes, se diriger vers la salle d'attente. Alors que j'abandonne tout espoir, sa tête se tourne vers moi, puis nos regards se croisent durant quelques secondes qui me semblent être des heures. Liam me sourit et s'en va.

Vous croyez au hasard ? Moi oui. Liam me souri ce jour-là, et c'est à ce sourire que s'accrocha l'espoir de le revoir un jour.

L'espoir qu'il m'aime ?

# Posté le samedi 14 juin 2008 04:49

Modifié le samedi 14 juin 2008 05:00




Chapitre 1 :
Tutti frutti



- Tu vas y participer ? demande Chloé en faisant une bulle avec son chewing-gum.
- T'es dingue ?! m'exclamais-je. Et puis qu'est-ce que je présenterais comme objet ? Un réveil peut-être ? Non, crois-moi, ces trucs ne sont pas pour moi.
- Pourtant tu as de l'imagination ma fille ! rit-elle. Enfin bon...mais j'y pense, Canberra ? C'est pas où...
- Oui, dis-je sèchement.
- Quand tu lui as dit que...
- Oui !
- Et qu'il est finalement...
- CHLOE !
- Ca va, ça va, rumine-t-elle. Désolée d'avoir blesser ton c½ur d'artichoux...
- Artichaut ! La corrigeais-je.
- C'est ce que j'ai dit, la japonaise ! En tout cas, ça va faire un an maintenant que tu n'as pas de ces nouvelles. Il est toujours avec sa fiancée ?
- Oh, alors là Chloé, tu me gonfles ! m'énervais-je. On se voit demain, salut.

Sur ces mots, je quitte le cybercafé, et prend le premier tram qui passe.
Chloé a raison, cela fait un an aujourd'hui. Il y a un an, je lui offrais mon cadeau, emballé de papier vert et violet, et lui avouais que je l'aimais. Je n'ai plus aucune nouvelle de Liam et pourtant, il ne quitte plus mes pensées. C'est bête, n'est-ce pas ? Être condamnée à perpétuité d'aimer un homme à l'autre bout du monde. Ici à San Francisco, on est bien loin du port de Sydney.
Après une heure de trajet, je descends devant l'une des résidences d'Alamo Square. Une petite maison bleue, très chaleureuse, dont les volets et la porte sont blancs. La première marche de l'escalier conduisant au seuil de ma porte, est légèrement fissurée et chaque fois que je rentre chez moi, je peux entendre la vieille voisine Mme. Denison grommeler dans sa cuisine « C'est dangereux, moi je dis ! C'est dangereux ». Instinctivement je lui réponds « oui, je sais Mme. Denison, c'est dangereux ». Je crois qu'elle ne cessera jamais de me le dire. Et puis le pot de fleurs fanées au pied de ma porte, dans un coin, que la petite Marguerite Bucket, une petite voisine d'en face, vient changer tous les dimanches sans que je ne lui demande. « Et n'oubliez pas Melle Nagasaki, arrosez-les ! » me dit-elle à chaque fois, avant de partir en courrant.
Drôle de vie à Alamo Square, n'est-ce pas ? J'avoue avoir été surprise en emménageant mais je n'échangerais pour rien au monde, mon train de vie. J'ouvre la porte, dépose mes affaires et nourrit mes poissons, seule dans le salon. J'allume la télé et me laisse tomber sur le canapé. Un an sans nouvelles ! Bien sûr, Lara, sa fiancée, n'hésite pas à me parler de lui dès qu'elle me voit :
- Mi mancate mio dio, mi mancate !*Se plaignait-elle souvent. Ah, tu verras Hakumi, lorsque ton fiancé partira loin, tu verras comme la vie n'est plus pareille...Mi mancate !*


*[il me manque, mon dieu ! il me manque...]

Et ce monologue ne tient qu'à ces maudits « mi mancate » ! Baka ! Et moi alors ?! Il me « mancate »pas peut-être ? Mais je suis consciente qu'ils s'aiment et je ne peux m'opposer à cela, seulement...


« ...Le salon du Design qui a lieu à Canberra cette année, ouvrira ses portes en juin, dit la présentatrice télé. Des milliers de curieux sont impatients de pouvoir découvrir les prochaines nouveautés avant tout le monde. Pour sa 28eme année, l'organisation du Design propose aux novices de créer un objet susceptible d'exprimer la modernité, la facilité et, bien sur, l'esthétique. Avis aux amateurs, vous pouvez vous renseigner sur le site... »

Comme si j'avais une chance de rivaliser avec des entreprises mondialement connues. C'est vrai, cela fait rêver de faire parti des objets les plus connus et modernes de notre temps, l'occasion d'effleurer l'essence même du Design sous différente forme, mais toujours avec la même origine : l'imagination.
C'est une passionnée de Design qui vous parle. Seulement, je ne pense pas être à la hauteur. Mais...en même temps, ils ont bien dit « avis aux amateurs », ce serait une chance comme une autre de faire connaître une de mes productions. Je suis peut-être naïve mais je peux toujours essayer.

Je m'installe devant mon ordinateur et commence à me renseigner, fouillant dans le tiroir de mon bureau pour en sortir un énorme classeur vert, débordant de feuilles volantes, de brochures et de post-it. Ce petit trésor bordélique renferme toutes mes créations qui, jusqu'ici, ont demeurés inutilisées, cachées au fin fond de mon bureau. Je retrousse les manches trop longues de mon pull gris, ôte mon béret noir et commence à visiter les sites concernant le concours. Comme je m'y attendais, les règles à respecter pour en arriver jusqu'à Canberra étaient des plus strictes. Il faut munir notre production d'un texte de présentation soigneusement rédigé et détaillé, en indiquant ses fonctionnalités, ses qualités, ses défauts (ces défauts hypocrites, du genre : « malheureusement il est trop confortable pour que l'on s'y détache. »), et enfin, nos inspirations. Puis la première sélection sera à Sydney, qui déterminera les finalistes pour la dernière sélection, celle qui amènera l'ultime gagnant(e) à Canberra devant des milliers d'investigateurs et de designers reconnus. Une opportunité en or pour tout être voulant, enfin, faire parti de cette utopie moderne et esthétique que de nombreuses entreprises tentent de créer. Soit...mon rêve. Oh mon dieu ! Suis-je folle ?! Comment pourrais-je faire partie d'une si grande élite ? Même en rêve, ce serait impossible.
Je regarde les organisateurs et contribuables de l'évènement, histoire de voir si je ne connais pas un étudiant de la fac ou un professeur vu durant mes études.

« James Crawford, Henri Devis, Marc Floyd... Liam McConaghan.»


Mes yeux se posent instantanément sur le dernier nom. Je colle mon visage à l'écran, retenant ma respiration. « Liam McConaghan » ! Mon Liam ! Je saisis cette fichue souris tactile et clique sur son nom. Je tombe sur son profil avec sa photo. Cet homme aux cheveux blonds mi-longs, au doux regard bleu était sans aucun doute, l'ami d'enfance que j'avais toujours connu. Une bouffée de joie vient m'envahir tandis que mes yeux se voilent de larmes, me rappelant néanmoins l'éloignement qui s'est creusé, cette année, entre nous. Que lui dirais-je si je le voyais maintenant ? M'a-t-il oublié là-bas ? L'ai-je effrayé pour qu'il ne me donne plus aucunes de ces nouvelles ?
- Bah, qu'est-ce que t'attend pour le rejoindre ?
- Chloé ?! sursautais-je. Mais...comment tu es...?
- Ta distraction m'étonnera toujours, rit-elle. Tu as laissé la porte ouverte. Je tenais à m'excuser pour ce matin.
- Oh, gomen ! m'excusais-je. Tu n'es en rien coupable, c'est moi la susceptible dans tout ça. Je ne regarde pas les choses en face...Je crois que j'ai encore des illusions.
- Non, tu es juste amoureuse d'un homme que tu pourrais voir si tu gagnais ce concours, corrige-t-elle en regardant le site affiché sur mon écran. Tu sais maintenant ce qui te reste à faire...
- Non, mais tu te trompes ! rétorquais-je en rougissant. Avant de savoir qu'il y participait, j'avais l'intention de m'y inscrire...
- Alors pourquoi rougies-tu ?
- Je ne rougies pas ! Je...j'ai mal aux joues.
- Vraiment ?! s'esclaffe-t-elle. Bon, très bien mademoiselle-j'ai-mal-aux-joues. Alors, que comptes-tu proposer pour ce concours ?
- Je vais faire un mélange de certaines idées à partir de certains croquis, expliquais-je. Mais je ne sais pas sur quel objet travailler.
- Pourquoi pas...mmh, réfléchit-elle, une table ?
- Trop banale...
- Un réveil ?
- ...
- Je plaisantais, rit-elle en voyant mon regard perplexe. Ca dépend de ce que tu veux faire ressortir de cet objet. Le sentiment qui doit envahir ces personnes lorsqu'ils l'utiliseront, sera...
- L'amour ! m'exclamais-je.
- L'amour ? Un lit, un canapé...On peut même le faire sur un table, tu sais ! dit-elle enjouée.
- Non ! soupirais-je, dépitée. Et puis, pourquoi serait-ce destiné aux couples ? Pense à toutes ces femmes après une rupture, anéantie, pleurant toutes les larmes de leurs corps, ces victimes de l'amour à sens unique...

Je ne comprendrais jamais pourquoi ma maîtresse de CM1 a refusé de me donner le rôle de Juliette, moi et mon esprit de tragédienne, un peu déjantée sur les côtés je l'avoue, mais tout de même.
- Non, il leur faut du réconfort...
- Autre que le chocolat ? demande Chloé en s'asseyant sur le canapé.
- Autre que le chocolat, répétais-je. Un objet ne pourra jamais sécher les larmes d'une femme mais peut néanmoins apporter du réconfort à celle-ci comme...un fauteuil par exemple.



I Speak very well:

Didine: on a rien vu, mdr.

Lol, bon voici la première parti du chapitre 1 d'Apple Douce!
Alors ? Vos opinions ? Enfin, j'adore Hakumi, on y retrouve peut-être
un peu Lee, ou beaucoup même mais ça ne me dérange pas et
l'histoire est totalement différente.
En exclu, vous aurez le fameux fauteuil que je dessinerais
héh, et oui, l'autrice-dessinateuse mdr, on ira loin...

A savoir: je n'ai jamais voulu être designer et m'y connais très peu
en la matière mais j'ai sucombé à un site où plusieurs petites créations,
style Apple, était exposé. Plus c'est piti, plus c'est mignon, mdr...
Merci pr tous vos com's.

# Posté le mardi 17 juin 2008 03:24

Modifié le mardi 24 juin 2008 10:56






- Un fauteuil ?
- Oui, un fauteuil, affirmais-je. Léger, simple, où elle s'enfoncerait en dégustant un sachet de cookies.
- Euh, là, tu les incites à grossir...


Je me saisis d'un crayon et griffonne ce qui sera mon sujet. Les idées fusent tandis que Chloé jette un ½il par-dessus mon épaule, perplexe. La base du fauteuil sera en pvc translucide, seuls le dossier, les accoudoirs l'assise rembourrés et de cuir vert pomme. Sur le bout de l'accoudoir gauche, il suffira de faire une légère pression en son centre pour en faire sortir un boîtier où la télécommande sera à porter de main. Sous l'assise, il y aura un tiroir où l'utilisateur pourra mettre ce que bon lui semble : des magazines aux paquets de chips en passant par les DVD, l'important est que l'individu puisse jouir des dispositions qui sont à proximité de lui, ce qui contribue à son confort (sans pour autant encourager la sédentarité). Alors que j'étudie les fonctionnalités high-tech de mon futur projet, Chloé finit par me laisser.


Dans les film, il y a toujours la gentille collègue et la pouf'. Celle qui attire tous les hommes, dont celui que convoite la gentille fille. Malheureusement, ça n'existe pas que dans les films, ces cruches qu'on aimerait égorgée avec leur propre talon aiguille...L'inconvénient est qu'on ne peut pas le faire, surtout devant une gamine de 14 ans :
- Mag, je ne comprends toujours pas pourquoi t'es pas en cours, dis-je exaspérée alors que Marguerite et moi attendons dans la salle d'attente sous les regards critiques des naines en haut de leurs échasses.
- Je te l'ai dit, on n'a pas cours aujourd'hui car nos professeurs vont à une conférence et la prof de biologie est enceinte, dit-elle.
- C'n'est pas une raison pour que tu viennes avec moi jusqu'ici, bougonnais-je. Je n'arrive pas à croire que je t'ai amené avec moi.
- Respire, je sais que tes projets pour rejoindre Liam sont en plein déroulement alors ne crains rien, je me tiendrais à l'écart, dit-elle, un sourire en coin.

J'écarquille les yeux et la fixe, horrifiée. D'où elle sort ça, elle ?! Une femme brune, un chignon serré au sommet de son crâne, portant des lunettes Chanel, en tailleur noir Dior, vient vers nous. Mon visage se décompose lorsque je reconnais...
- ...Lara ?
- Hakumi ! s'exclame-t-elle avec son accent forcé. Comment ça va ?! Toujours pas de copains ?

...
J'adore ça, ce petit « toujours » comme un clou qu'on enfonce en pleine crucifixion au niveau du c½ur. Je vous assure, si je n'avais pas peur de justifier l'½il au beurre noir qu'elle aurait au visage à Liam, je ne me retiendrais pas.
- Hum...non, marmonnais-je.
- Et toi ? Ton frère est toujours en taule ? demande Mag avec un sourire sournois.

Le regard de Lara, ainsi que le mien se posent sur elle. La jeune adolescente savoure pleinement sa réplique devant les yeux interloqués de Lara. J'avoue, à cet instant, je ne peux que ressentir de l'admiration pour elle.
- Quelle est mignonne, soupire niaisement Lara avec un sourire pincé. C'est ta s½ur ?
- Euh non, dis-je encore sous le choc.
- Elle en sait beaucoup dis donc sur moi, reprend la brune en me lançant un regard accusateur.
- Oh, voyons Lara, tu sais bien que la vérité sort de la bouche des enfants, repris-je sur un ton moqueur. Ravi de t'avoir croisé...

Elle nous tourne le dos, vexée, laissant derrière elle le son aigue de ses talons, résonné contre le carrelage de marbre. Ah ! Victoire ! Ce que j'aime cette sensation de supériorité dans ces moments là, c'est presque utopique ! Je lance un regard complice à Mag qui me le rend avec le sourire de la jeunesse. Cette fille avait plus de cran que moi devant cette poupée gonflable de Lara et n'avait pas hésité une seconde pour riposter. Il n'y a pas à dire, je suis entourée de personnes formidables. Dont une qui vient enfin de montrer le bout de son nez :
- Jake-san ! m'exclamais-je en levant les bras au ciel.
- Hakumi ! s'écrie-t-il avec joie en me serrant fort dans ses bras. Ca faisait un bail...
- A qui le dis-tu ! Oh, je te présente Mag, une amie, présentais-je en montrant la jeune fille en retrait.
- Salut, dit-il en lui faisant signe de la main. Alors, qu'est-ce qui t'amène ?
- Eh bien, j'ai du travail pour toi, expliquais-je. Je vais participer à un concours et je voudrais que tu réalises mon projet. J'ai tous les croquis, les mesures, la matière qu'il me faut et...
- Délai ? demande-t-il brusquement.

Je me mords la lèvre inférieure en inclinant la tête. Je bredouille enfin :
- ...un mois.
- Un mois ?! s'exclame-t-il. Hakumi...
- Je sais, je sais, suppliais-je, mais il faut absolument que j'y participe Jake. C'est vraiment très important pour moi.
- Ecoutes Hakumi, commence-t-il, comprends-moi bien, j'adorerais t'aider à participer mais j'ai beaucoup de boulot et...
- Il y a Liam ! m'exclamais-je.
- Quoi... ?

Les yeux gris de Jake me fixent inlassablement du haut de son 1m87. Ses larges épaules s'affaissent aussitôt, tandis que ses cheveux noir jais reluisent sous la lumière de la salle. Sa carrure svelte s'accentuait lorsqu'il portait son blouson de cuir noir à manche courte, avec son jean délavé. C'est en le dévisageant que je me demandais souvent comment un si bel homme pouvait m'aimer depuis la fac alors que je lui faisais enduré tout ça, surtout avec Liam. Il connaissait Liam et ne l'aimait pas beaucoup, et si j'étais la première à souffrir de mon amour à sens unique avec lui, Jake en était le deuxième. Pourtant j'aurais voulu qu'il ne subisse pas la même chose que moi, surtout à cause de moi mais en vain. J'aime Liam, Jake m'aime, c'est comme ça ! Je me sens fautive de venir lui demander ça, à lui, surtout dans le but de retrouver Liam. Je suis ignoble. Mag ne doit pas très bien comprendre ce qui se passe, aussi intelligente soit elle, elle n'a pas vécu cette histoire depuis la fac.
- Alors...c'est pour lui que tu participes ?
- Non ! protestais-je. Je le fais pour moi, seulement...c'est une occasion comme une autre de le voir. Cela fait un an maintenant que...
- Que tu aimes ce type qui ne t'a donné aucun signe de vie et, qui plus est, est déjà fiancé, s'énerve-t-il. Vraiment Hakumi ! Es-tu si naïve au point de croire qu'il sortira avec toi encore aujourd'hui ?
- Oui ! hurlais-je devant toute l'assistante.

Ses mots ont déferlés comme une vague de lames qui s'abattaient sur moi, s'enfonçant dans ma chair à côté de ce clou sur mon c½ur que Lara avait soigneusement posé. Jake a raison, ainsi que Chloé et tous les autres d'ailleurs. Oui, je suis naïve de croire qu'en arrivant là-bas il me dira « je t'aime » et je sais que tout cela est stupide mais...Il faut que je l'entende de sa bouche. Il faut que ce soit lui qui me le dise. Liam doit me dire que je suis naïve, que cela ne rime à rien, qu'il aime Lara. J'ai besoin de l'entendre de sa bouche, devant moi. Ce n'est pas un crime, non ? Mag me tire par la main devant mon manque de réaction. Mes yeux se voilent de larmes nacrées tandis que je rassemble le peu de dignité qui me reste pour lui dire :
- Laisse tomber, je vais me débrouiller seule...



I speak very well:

Olé ! Voilà une bonne maj, décidément
j'adore ce passage entre Jakichou (oui, voici
son surnom, mdr) et Hakumi. Je vois que tout
le monde la trouve adorable cette petite poupée
nippone
! J'adore ce surnom soufflé par...
woodsberrybook!
Enfin, dans J-9 bah moi, je pars aux antilles mais j'ai déjà
écrit pleins de maj de Apple Douce, donc je vous en laisserais
peut-être deux à dévorer, qui sait.
Hakumi peut sembler cruche pour certains mais moi, je pense
que justement, c'est une femme qui croit en une chose et
elle ne se laisse pas abattre: FIGHTING !
Ca vous plait toujours ? vos impressions ?LE DESSIN ? mdr
Bon, c'est une esquisse hein, c'est psa fait au propre,lol.
Merci pour vos com's ! =D

______________________

Edit:...et pour vos critiques sur le dessin ! Bien entendu,
j'aurais préféré le faire sur une feuille blanche mais l'inspiration
m'est venu lorsque j'écrivais sur mon cahier d'écriture...(ce qui
EXTREMEMENT RARE,mdr, je ne suis pas une manuscriteuse,lool)
Et voilà la vie passionnante de votre autrice ! XD merci à vous

ps: et non, non ! je vous assure, je n'ai aucune intention d'aller
dans la voix du design XD je suis très loin de vouloir faire ça
et ne suis pas une grande connaisseuse en la matière, je vous
assure....lol, mais je pense que çadoit se voir. lol

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 04:58

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 04:19

Chapitre 1 de mon roman "Callie, juste vous et moi", sortant en septembre
ICI

merci =D

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Pensez-vous qu'en créant les glaces aux cookies, les créateurs de celles-ci pensaient réchauffer le c½ur d'une femme de plus de vingt ans, blottie dans son canapé miteux devant un des chefs d'½uvre de Hayao Miyazaki ? En être résolue à fantasmer sur Hauru me donne vraiment l'impression d'être pitoyable. Si ce n'est que je me retiens de ne pas lire les six messages que Jake à laisser sur mon répondeur, ainsi que les quatre textos sur mon portable, en plus du mail qui clignote sur mon écran depuis plus d'une heure. Mais ce n'est pas un simple « désolé » qui va effacer ses paroles car, dans tous les cas, il pense ce qu'il a dit. Enfin, c'est normal, vu sa position plus qu'embarrassante vis-à-vis de moi et je ne suis pas idiote : d'autres ont le même opinion que lui. Mais...pourquoi faut-il obligatoirement que les gens se permettent de juger nos espoirs ? Certes, il y a de fortes chances que je me heurte à un mur en allant là-bas, et alors ? Du moment que j'assume, je ne vois pas où est le problème.
- Décidément, il n'y a que toi qui es d'accord avec moi...soupirais-je en m'adressant à mon pot de glace.

Soudain, mon téléphone sonne une nouvelle fois. Le répondeur s'enclenche après quelques minutes, pour mon plus grand plaisir :
- « Allô ? Hakumi ? Hakumi, je sais que t'es là ! Bon, écoutes, je m'en veux vraiment pour ce que j'ai dit tout à l'heure, c'était déplacé mais...
- Ah non, pas de mais ! il va quand même pas trouver une excuse à ce qu'il a dit ! m'énervé-je.
- « ...Non, je n'ai aucune excuse pour ce que j'ai osé te dire. Je suis...
- ...Désolé Hakumi, ce n'était pas mon intention de te faire souffrir et blablabla et blablabla, récité-je. Te fatigues pas pauvre nouille, je te connais par c½ur.
- « ...Allez Hakumi, s'il te plaît. Réponds.... »
- « S'il te plaît » ? Bah non, manque de bol pour toi, ça me plaît pas ! Voilà ! Parce qu'il y a que des nazes pour avoir autant de manque de tact. Le jour où tu tomberas amoureux d'une australienne, on en reparlera.
- « Votre temps de paroles est terminé. Appuyez sur la touche dièse pour prolonger votre message. Bon Hakumi, tu l'auras voulu... »

Puis il raccroche. C'était quoi ça ? Une menace ? Qu'il vienne donc, moi je n'ai pas peur de lui...Enfin, façon de parler avec mon mètre soixante et quelque. Oups...




« Et le prix est décerné à... »
Trois coups brusques retentissent à l'entrée. Je sursaute et réalise que je m'étais assoupie sur le canapé. Bien sûr, il a fallu que ce crétin vienne interrompre les remises de prix du concours de Canberra. Bien sûr ! Trois autres coups résonnent encore. Mais c'est qu'il insiste en plus ! J'enfile mon peignoir, la tête dans le choux, et regarde mon réveil : 23h46. Alors là, qui que ce soit, il a signé son arrêt de mort ! Je me lève comme une furie et ouvre la porte, les yeux encore plissés à la lumière des lampadaires sans faire attention à l'individu :
- Non mais ça va pas la tête ! Hurlais-je. Réveiller les gens à une heure pareille lors d'une remise de...enfin, à une heure pareille ! Les gens ne sont vraiment pas gênés maintenant. J'espère que...
- Hakumi ! s'écrie une voix dans l'obscurité.

J'allume la lumière du hall d'entrée pour découvrir que l'inconnu n'est tout autre que Jake. Ah ouais, je comprends mieux le « tu l'auras voulu... » Maintenant.
- Qu'est-ce que tu veux ? demandais-je en serrant la ceinture de mon peignoir.
- Qu'on parle...

Rhô, c'est pas vrai ! Les hommes, je vous jure !
- Maintenant ?! dis-je, outrée. Ca n'aurait pas pu attendre demain matin ?
- Pour que tu refuses encore de décrocher le téléphone ?

Là, il marque un point. Je rumine vaguement quelque chose, puis jette un ½il à mon salon bordélique. La couette à terre, l'oreiller vert sortant de sa taie, le pot de glace aux cookies de la femme désespérée et le boîtier du DVD pour enfant sont éparpillés dans toute la pièce. Je soupire d'exaspération et reviens vers lui :
- Reviens demain, d'accord ?

Alors que je m'apprête à fermer la porte, il s'interpose, le regard dur. Je recule légèrement, apeurée, tandis qu'il se permet d'entrer. Il allume la lampe du salon et découvre avec stupeur le désordre qui règne dans l'antre d'Hakumi, la démone au c½ur brisé.
- Oh, euh....bredouille-t-il, je dérange peut-être... ?
- Et pas qu'un peu, grommelai-je. Enfin, parles et ensuite laisses-moi tranquille, d'accord ? Et puis, je ne voudrais pas que ma naïveté te dérange à ce point...

Il se tourne vers moi et rit légèrement. Quoi ? Qu'est-ce que j'ai encore dit ? Il s'approche de moi, le sourire aux lèvres et d'un geste tendre, pose sa main sur ma joue. Un frisson parcourt tout mon corps à ce contact et mes joues prennent la couleur d'une pivoine. Mon dieu, il va quand même pas...
- Ne m'en veux pas ma petite poupée nipponne, susurre-t-il alors que je sens son souffle chaud près de ma bouche.
- Euh...
- Tu m'en veux encore ? demande-t-il en jouant de son charme.
- Bah...euh...

Ses lèvres sont si proches que je menace de m'évanouir. C'est mesquin de jouer de son charme comme ça !
- Je meurs d'envie de t'embrasser mais tu m'en voudrais pour ça, n'est-ce pas ?

Je hoche la tête en signe d'approbation en écarquillant les yeux. Ma gorge se noue et j'ai le souffle coupé. Qu'est-ce qu'il veut à la fin ?
- Bien, dit-il en se redressant tout en s'éloignant de moi, pour enfin passer sa main dans mes cheveux d'ébènes d'un geste protecteur. Je t'aiderais pour ton projet.
- Quoi ? Ah...euh merci, mais...mais pourquoi ?
- Je t'aime trop pour te voir m'en vouloir à vie, murmure-t-il avant de poser un doux baiser sur ma joue et de me quitter. Amènes-moi les plans Lundi.

Puis il referme la porte derrière lui. Je suis restée un moment là, au milieu de mon salon, encore tétanisée parce qui venait de se passer. Qui aurait pu repousser Jake, si il avait été à ma place ? Je crois que même Mme. Denison n'aurait pas résisté...Beurk !


Aujourd'hui, je dois rendre visite à ma voisine, Mme. Denison afin de l'aider pour sa confection de pâtisseries. Elle doit habiter dans le quartier depuis plus de trente ans et c'est toujours un plaisir de l'écouter raconter ses histoires. Parfois, Marguerite vient nous rejoindre par la porte de derrière pour nous aider. Je pose le glaçage rose sur le muffin avec délicatesse quand la vieille femme sort un plateau du four en me disant :
- Vous devriez fermer vos fenêtres l'après-midi, cela éviterait que j'entende les excuses du petit Jake sur votre répondeur.

Soudain, j'appuie sur le tube de glaçage par réflexe et une montagne de glaçage recouvre le pauvre gâteau. A croire que tout le quartier est au courrant !
- Enfin, j'ose espérer que vous lui avez pardonné malgré tout, Hakumi, n'est-ce pas ?
- On peut dire ça comme ça, bredouillé-je. C'est juste un ami vous savez.
- Oh ma petite Hakumi, pas à moi, rit-elle. J'ai bientôt 85 ans et croyez-moi, j'en ai vu des gars comme lui. Ah, comme ce bon vieux William Kingsley.
- Qui ?

Elle essuie ses mains sur son tablier et vient s'asseoir péniblement sur une chaise. Ses mains ridées par le temps, avaient frôlé de nombreuses histoires et chaque souvenir s'était encré dans une des lignes de sa main. Elle en a des histoires à raconter, Mme. Denison. Malheureusement, ses enfants, la plupart habitant à l'Est, près de New York, venaient rarement la voir. Et même si ils oubliaient de l'appeler à Noël, elle se pliait toujours en quatre pour offrir les plus beaux cadeaux à ses petits enfants qu'elle n'avait vu qu'une fois, malgré sa maigre pension. Alors moi je viens la voir, Mme. Denison, remplacer sa fille qui n'est pas dans sa cuisine pour l'écouter mais à l'autre bout du pays.
- William était...non, reprend-elle. Ce serait difficile de décrire cet homme plein de fougue et de malice qui vous jurait qu'il vous emmènerait au bout du monde demain alors qu'il n'y avait que les livres pour nous faire voyager à l'époque. C'est en dernière année de lycée que William me remarqua.
- Il était plus beau qu'Edouard ? demandais-je en regardant la photo jaunie de son défunt mari, encadrée au mur.
- Oh non, murmura-t-elle, mais je dois avouer que de tous les hommes que j'ai pu croiser, William avait bien sa place.
- Comment était-il ?

Son regard pâle se porte sur la fenêtre, comme si elle l'apercevait dans le jardin et qu'elle ne faisait que décrire ce qu'elle voyait :
- Il était grand, décrit-elle. Un bel homme aux cheveux châtains qui doraient aux Soleil, avec ses yeux verts émeraudes et clairs. Je crois que c'est ses yeux là qui me brisèrent le c½ur lorsque j'ai refusé sa demande en mariage...
- Il vous a demandé en mariage ?
- Oui, dit-elle le sourire aux lèvres. Ce petit gars s'était démené pour que je lui accorde un seul regard, d'autant plus que la fin d'année arrivait à grand pas. Mais à l'époque, pour moi, ce n'était qu'un gigolo qui attirait les filles comme ces joueurs de football qui se pavanaient souvent dans le couloir. « Je t'emmènerais un jour, m'avait-il dit, nous irons en Inde. » mais j'éclatais de rire à toutes ses promesses farfelues et ne faiblissait pas...
- Et...comment en êtes-vous alors arriver à ce qu'il vous demande en mariage ?
- Oh, je commençais à céder devant ses fleurs et ses cadeaux et les mois qui défilaient n'affaiblissaient pas l'ardeur de ses sentiments à mon égard, raconte-t-elle. Puis un jour, il m'apporta une enveloppe, le lendemain du dernier jour de cours. Je ne savais pas où aller en vacance et je rêvais du bord de mer. En allant à mon casier, je ne découvris pas un bouquet, ni une fleur, ou une déclaration d'amour mais...deux billets de train. J'étais la première femme à qui il avait promis de voyager, et même si ce n'était pas en Inde, c'était tout de même une destination de rêve. Nous passâmes le mois de Juillet ensemble, où nous eûmes notre premier baiser en tant que couple. Mais la guerre n'avait de cesse et il fut alors convoqué à son tour. C'était en un jeudi, le 16 août 1941, sur le quai de la gare, alors que l'air était lourd. Il m'avait demandé en mariage, à genoux, et le jeune adolescent malicieux qu'il était, avait fait place à un homme déterminé et doux, s'engageant à vivre avec moi en me tendant cette bague avec une jolie pierre rouge, assortie au baiser que je lui avais donné avant qu'il s'en aille.

Elle marque une pause quelques secondes et reporte son regard sur moi. J'ai les larmes aux yeux pour elle et, essayant de me ressaisir, lui demande :
- Pourquoi avez-vous refusé ?
- Se marier à l'époque comme bon nombre de femmes le faisait, s'était se préparer à un futur deuil vous savez, me confie-t-elle. Bien sûr, il en aurait été autrement, il est probable que j'aurais accepté mais...Je refusais d'attendre inlassablement en portant le nom d'un homme qu'un officier prononcerait à ma porte pour annoncer sa disparition ou sa mort. Et, paix à son âme, j'ai eu raison de le faire. Il est mort un an après.

- Oh...je suis désolée, dis-je émue.
- Allons, allons Hakumi, si je n'ai pas pleurer en l'apprenant vous n'avez pas à le faire, rit-elle. William est mieux où il est et j'aurais l'occasion de le voir...très bientôt.


Ses yeux rieurs montrent la femme forte qui, sur sa chaise près de la fenêtre, regardait le monde tourner. Elle se lève alors pour sortir une autre fournée de douceurs et les met dans un petit plat. Elle m'en tend un que je goutte avant de m'extasier et enfin, de la quitter. Le temps d'une histoire, je me retrouvais à mille kilomètres d'ici, dans la vie de Elizabeth Denison.



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I Speak Very Well:

Bon, entre deux valises, j'ai eu le temps d'achever Art-lee.
Snif, ah, je suis triste de l'avoir fini même si c'est une belle fin,
je viens de m'acheter le dernier tome d'une série de manga,
et là aussi, je suis dégoûté parce que je verrais plus le canon
de l'histoire...enfin, HEUREUSEMENT IL Y A VOUS et Hakumi XD

Je pars demain, en Martinique et aurait - peut être -accès à Internet
mais vous comprendrez qu'à la mer y a pas de Wifi dans les coquillages XD.
Et je ne reviens que le 28 aout après St-Raphaël, Cannes, St-Trop, Monaco
et Co. Donc, je vous souhaite de bonnes vacances, j'attends vos avis sur Jake...
(il est sexy, hein ?<( -_____-)>)

Bon, bye bye

Poupée Nipponement vôtre !C'est pas mal hein ?! Xd

# Posté le mardi 08 juillet 2008 03:45

Modifié le mardi 02 septembre 2008 13:42